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Vivre une grossesse sereine en Inde : les 5 choses à savoir

Vivre une grossesse sereine en Inde : les 5 choses à savoir
2 avril 2020 Claire Mathis

Aujourd’hui j’ai le plaisir de partager l’expérience de mon amie Capucine qui vit actuellement en Inde à Chennai. Elle vient de donner naissance à son deuxième garçon. Elle nous partage son expérience sur les 5 choses à savoir pour vivre une grossesse sereine en Inde.

Un retour d’expérience pour prendre un peu de hauteur par rapport au suivi de grossesse en France.

1 –  A l’aveugle,  et en silence.

Préparez-vous à vivre une grossesse où vous verrez très peu votre futur bébé. C’est dit. En effet, durant les examens échographiques, il n’est pas d’usage de voir l’écran, ni en face du lit, ni tourné vers la future maman. Seul(e) le technicien(ne)  a accès à l’image. Il est possible de demander à voir votre bébé mais dans la plupart des cas (et en fonction de votre interlocuteur), vous n’aurez le droit qu’à quelques bribes d’images et de réponses très vagues à la fin de l’examen.

En gros, vous n’aurez presqu’aucune interaction avec le(la) technicien(ne), tout se passera ensuite avec votre médecin. Mais pourquoi ne pas partager l’image avec les futurs parents ? On peut supposer tout d’abord que c’est lié aux avortements sélectifs de petites filles (article sur le sujet), celles-ci représentant un poids financier pour les familles. Ainsi, depuis 1994, le Pre-Natal Diagnostic Techniques Act interdit aux médecins de dévoiler le sexe de l’enfant lors d’une échographie. Montrer l’image aux parents pourraient permettre à des aguerris (sic) de voir le sexe de l’enfant. Une autre hypothèse est simplement que cela n’est pas dans la pratique et que les futurs parents Indiens se complaisent avec le rapport écrit en fin d’examen, le principal pour eux étant que l’enfant soit en bonne santé ?

Conseil Capucine : prévoyez-vous un petit voyage en France ou dans les DOM TOM pour un check complet et certainement rassurant pour les futurs parents.

2 – Une très grande pudeur

Tout d’abord, sans doute en rapport avec le fait que les Indiens soient très pudiques, il y a très peu de contacts physiques entre la patiente et le corps médical : les examens gynécologiques ou vaginaux sont rares et pratiqués seulement s’ils sont nécessaires quand, à titre comparatif, la future maman est auscultée tout au long de sa grossesse en France, passant de la mesure de son utérus à la surveillance régulière de son col. Les gynécologues indiens, eux, n’examinent pas l’intimité des femmes et se contentent souvent des résultats de la prise de tension ou  de l’examen de l’abdomen.

Cette pudeur se ressent aussi à travers l’interdiction aux hommes de participer à l’échographie de la future maman : Le futur papa ne pourra pas être présent dans la pièce, ou sera invité à venir à la toute fin d’examen et quelques minutes. Une précaution pour préserver l’intimité de sa femme et ne pas mettre mal à l’aise le personnel médical présent (et souvent féminin) ? Difficile à dire.

Conseil de Capucine : Si vous avez vraiment besoin d’un test particulier ou de la présence du papa avec vous, n’hésitez pas à insister, tout est possible en Inde (à qui crie le plus fort parfois !)

3 – La paperasse

Pas de panique, ce n’est pas insurmontable, mais, à l’image de l’Inde, c’est…complexe ! D’abord côté rendez-vous médicaux, vous voilà les mains chargées d’ordonnances gynécologiques, rapports échographiques, factures médicales, sans parler des résultats sanguins ou génétiques. Il suffit d’être bien organisée et ça roule (rien de tel que le bon vieux classeur) ;  D’autre part, il vous faudra déclarer votre grossesse, et là c’est un peu la maison des fous dans les 12 travaux d’Astérix…

La finalité est d’obtenir un numéro, appelé PICME et qui vous permettra d’avoir l’ensemble des papiers nécessaires à la naissance (comme le certificat de naissance). Pour obtenir ce numéro, il faut se rendre dans un hôpital gouvernemental et savoir répondre à beaucoup, beaucoup de questions : votre état civil bien sûr, mais aussi vos dernières tensions, votre groupe sanguin, des informations sur vos précédents enfants, votre âge au moment du mariage, votre religion, votre statut éducatif (si si) etc…

Conseil Capucine : Armez-vous de patience, allez au guichet avec un Indien de confiance pour vous aider.  Une démarche à effectuer à partir du 5 ou 6ème mois.

Une fois votre enfant mis au monde, n’oubliez pas d’aller le déclarer dans votre consulat (sous 30 jours pour les Français, au Consulat de Pondichéry si vous accouchez à Chennai) et pourquoi pas lancer la création de son passeport et son visa si vous avez prévu de voyager rapidement.

Conseil Capucine : renseignez-vous bien sur tous les papiers nécessaires avant de prendre la route de Pondichéry. Si la présence de l’enfant n’est pas nécessaire pour la déclaration de naissance, il doit être avec vous au moment de la demande du passeport

4 – Les analyses et examens différents

Il est très important d’avoir en tête que les analyses et examens échographiques peuvent être très différents par rapport à la France. Si vous avez déjà eu un enfant en France, vous aurez  tendance à comparer votre expérience et c’est bien normal.

Par exemple, il n’est pas d’usage de tester la toxoplasmose en Inde mais si vous la demandez, le gynécologue peut vous prescrire la prise de sang.

A l’inverse, on peut vous proposer des traitements ou carrément des vaccins dont vous n’aviez jamais entendu parler en Europe : rappelez-vous que vous êtes en Inde, l’environnement et les risques locaux sont donc aussi à prendre en compte.

Conseil de Capucine : Au moindre doute, parlez-en autour de vous ou à votre médecin en Europe.

Concernant l’examen échographique, il semble lui aussi différent dans la mesure où certaines mesures ou certains « checks » du bébé ne sont pas réalisés. Un exemple tout simple, ne pas compter le nombre de doigts et d’orteils quand c’est le cas en France. Une fois encore, il faut se rappeler que vous êtes en Inde et que les standards sont différents. Enfin, vous devez savoir que le terme calculé en Inde est de 40 semaines et non 41 semaines comme en France.

Conseil de Capucine : N’hésitez pas à demander à votre médecin d’ajouter des tests sanguins ou vaginaux si cela vous rassure. Vérifiez aussi que vous êtes bien à jour dans vos vaccins.

5 – L’accouchement

A noter que, alors que l’inquiétude face aux taux croissants des accouchements par césarienne grandit dans le monde entier (ndlr : l’Organisation mondiale de la santé recommande de ne pas recourir à la césarienne, à moins qu’elle ne soit médicalement nécessaire), de plus en plus de femmes en Inde demandent à en subir une, d’abord par incitation des médecins (la césarienne est plus rentable) mais aussi pour faire naître l’enfant à une période astrale propice.

Autre détail (mais non le moindre) : le nombre de personnes présentes dans la salle, parfois simplement des curieux.

De plus, ne vous attendez à une émulsion de sentiments et d’émotions au moment de la naissance. 

Conseil de Capucine : il est nécessaire d’avoir une discussion avec sa gynécologue afin de parler de ce que vous avez prévu pour la naissance, et surtout poser les limites (pas de personnes « inutiles » pendant l’accouchement par exemple) ; il faut que les choses soient très claires. Mais n’ayez pas d’inquiétude, vous n’êtes pas indienne et vous avez normalement en face de vous un médecin habitué aux étrangers et/ou expatriés, il entendra vos demandes.  

Autres informations utiles à savoir, la péridurale existe en Inde (hallelujah !), sous réserve bien sûr que l’anesthésiste soit présent ou qu’il ne soit pas trop tard pour la poser. On croise les doigts pour vous !

Enfin, une fois votre bébé mis au monde et votre retour à la maison, sachez que la rééducation du périnée n’est pas connue en Inde.

Conseil de Capucine : Prévoyez des rendez-vous en France si vous avez l’occasion d’y aller quelques semaines après votre accouchement.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la vie en Inde, n’hésitez pas à lire tous les articles de Capucine à Chennai sur le petit journal.