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Le parcours pour devenir père

Le parcours pour devenir père
13 mars 2020 Claire Mathis

Rencontre avec François, un jeune papa

Quand ce jeune papa nous a contacté, nous avons été émues par son histoire, son parcours pour réussir à réaliser l’un de ses rêves : fonder une famille. On ne vous en dit pas plus, on vous laisse découvrir ce beau portrait.

1. Est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle François, j’ai 31 ans bientôt 32 (waouuuu), je suis commercial. Ma femme s’appelle Anne, elle a 29 ans, elle est secrétaire.

2. Peux-tu nous raconter à quand remonte votre premier essai pour avoir un bébé ?

En 2015, après deux ans de vie commune, ma femme et moi décidons d’acheter notre première maison à Lorgies, dans le Nord-Pas-de-Calais. Nous avons envie d’avoir un enfant avant d’emménager dans notre maison. Anne arrête sa contraception en janvier 2015. Le temps passe… On essaie, en vain.

3. Au bout de combien de temps avez-vous décidé d’aller voir un spécialiste ?

15 mois d’essai passent. On se décide à pousser la porte du gynécologue, plein d’espoir. Nous voulons trouver des réponses à nos questions. Nous lui expliquons notre mal-être qui commence à nous ronger. 

Ma femme est la première à passer des examens. Les médecins ne trouvent rien. Alors c’est à mon tour. Les mois passent, les examens s’enchaînent, et le verdict tombe : cancer des testicules. J’ai 28 ans.

4. Tu apprends à 28 ans que tu as un cancer des testicules, comment les médecins t’annoncent ce verdict ?

En novembre 2016, l’urologue du Centre Hospitalier de Lens m’annonce que j’ai un cancer. Les questions se bousculent : depuis quand ? Comment ?
Seule l’analyse post-opératoire peut le déterminer. Le corps médical me signifie que ce type de cancer est très bien traité de nos jours.

Cette bête féroce qui vit en moi peut avoir ma peau si je ne fais pas ces examens. Alors, l’envie d’avoir des enfants me sauve la vie.

L’accompagnement est rapide. Nous n’avons pas le temps de prendre conscience de ce qu’il se passe. On nous explique que je vais me faire opérer. Ensuite, la médecine nous aidera à ré-essayer d’avoir un enfant grâce à la P.M.A. ou la F.I.V…

5. Dans quel état d’esprit es-tu ?

Je préviens mes amis, ma famille et mes proches. Je ne mesure pas l’impact de cette annonce.Tout le monde me soutient. J’en parle beaucoup avec mon papa et mes amis d’enfance que je compte sur les doigts d’une main. 

Je n’ai pas le temps de penser. Congélation de mes spermatozoïdes au CHR de Lille, risque de stérilité accru, examens à outrance avant l’opération, ça fait beaucoup à prendre en compte !

Ma femme est une battante à seulement 25 ans. Elle est mon alliée pour combattre ce cancer. Elle me suit pour les examens, les pansements, les piqûres, les couloirs d’hôpitaux, les attentes chez les médecins…tout ça par amour.

6. Combien de temps dure ton traitement ?

Par chance, le cancer est au stade 1. On me l’enlève par ablation du testicule gauche. Aucune invasion externe n’est détectée. 

Alors, mon cas passe en commission pluridisciplinaire pour déterminer le traitement adéquat. La commission opte pour un suivi régulier : 

  • 1 échographie testiculaire et une prise de sang tous les 3 mois
  • 1 scanner toraco-pelvien tous les 6 mois

J’échappe aux traitements les plus lourds. Si chimiothérapie ou rayon, nous aurions dû repousser notre envie de devenir parent à 5 ans

A noël 2016, vous (re)vivez ! Tu te fais une promesse : “de vivre LA vie”. Malgré cette épreuve vous avez toujours cette envie d’avoir des enfants, et en 2017 vous décidez de réessayer, mais vous êtes contraint de passer par la voie médicale.

2017, c’est l’année où tout commence. 

Il faut d’abord passer en commission. C’est là que tout le corps médical se retrouve pour décider des conditions et du déroulement. Entre temps, je reprends le travail en février. Les mois passent…

Le vendredi 29 septembre 2017 : un courrier du Docteur -gynécologue arrive. La commission s’est déroulée deux jours auparavant. 

Le verdict : « Votre début de prise en charge pour la prochaine Fécondation In Vitro est prévu le 18 novembre 2017 ». L’espoir est très présent !

Le lundi 23 octobre 2017 : le premier rendez-vous se déroule . Ordonnances, rendez-vous, échographies, prises de sang, injections…Nous sommes perdus !

Début de semaine une mésaventure s’ajoute : alors que je suis en déplacement et qu’Anne fête l’anniversaire de son père, un drame se produit. Notre chienne adorée, Hawaï, a tout mangé. Pochette, ordonnances, convocations, Tout est déchiqueté ! C’est encore lisible mais sûrement pas présentable !  

Samedi 28 octobre : Alors on arrive au rendez-vous pour l’injection sans papier, en trouvant une histoire plausible pour se justifier… C’est parti pour la première injection de GONAPEPTYL 3,75 mg afin de stimuler les ovaires.

7. Comment te sens-tu vis-à-vis de ta femme ?

Inconsciemment, je pense qu’elle m’en veut. Elle passe par de multiples piqûres et anesthésie… Cela aurait pu se passer autrement pour elle… Comment un homme peut-il infliger une telle chose à sa femme ? C’est une question que je me pose souvent. J’ai la chance d’avoir une relation très fusionnelle avec elle, nous discutons énormément. Notre couple en sort plus fort aujourd’hui, mais ça n’a pas été simple tous les jours !

8. Comment le couple tient quand on doit passer par une F.I.V ? Est-ce que le quotidien est difficile ?

Nous avons vécu de meilleurs moments ensemble ! Après le cancer, la F.I.V nous permet d’enfin voir le bout du tunnel ! On arrive à rester sereins. 

Niveau libido et sexualité, on prend une enclume sur la tête ! On essaie et on s’accroche… L’espoir fait vivre mais il détruit de l’intérieur.

Cette F.I.V fait partie de notre quotidien. Anne a des piqûres d’hormones tous les jours et des échographies tous les trois jours. Au début, elle ne répondait pas aux hormones, mais après 20 jours d’acharnement, c’est la bonne !

L’organisation est difficile. Il faut être présent aux rendez-vous, tout en continuant à travailler. Par chance, les échographies d’Anne tombent sur ses jours de repos.

Une année de démarches, d’examens et de “commission F.I.V” passe. Le 15 décembre, la réponse au test de grossesse tombe : Anne est enceinte. 

Rien que d’y repenser j’en ai les larmes aux yeux. Tout homme rêve de ce moment de surprise intense ou sa femme lui annonce qu’elle est enceinte. Lors d’une FIV, ça ne se passe pas comme pour monsieur et madame tout le monde, on s’y attend mais on garde espoir. C’est assez déroutant.

Ce bonheur, cette joie ! Nous y sommes enfin, ma femme est enceinte… Je dois avouer que les mois passent et Anne vit sa grossesse de manière admirable.

De mon côté, je n’arrive pas à me projeter. Je ne me rends pas compte que je vais devenir papa. Je suppose qu’une barrière psychologique me freine : “si jamais la grossesse ne va pas au bout…”. La crainte est permanente. Je me protège “au cas où”.

Le 14 août 2018 : notre premier amour arrive. Notre Charlie. Tout le désespoir s’envole ! J’oublie mes rendez-vous de contrôle, j’oublie de re-prendre de nouveaux rendez-vous. J’ai peur d’apprendre une mauvaise nouvelle alors que je suis enfin papa ! Je parviens malgré tout à surmonter ce cap. Les contrôles sont bons, et on espace les examens à une fois par an. 

Cette belle histoire ne s’arrête pas là. François a créé il y a quelques mois un compte instagram : @papa_de_triples… vous imaginez la suite ? vous avez envie de la connaître ?  Suivez nous sur les réseaux sociaux.